
Le rideau tombe, sanguinolent, agonisant<o:p></o:p>
Le voile trouble sur les yeux, dégoulinant<o:p></o:p>
Les acteurs pleurent ils ont joués pour eux<o:p></o:p>
La pièce de l'amour vrai, le bonheur à deux<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Ils ne se donnent pas la main, en saluant
<o:p></o:p>
Ils se courbent, en deux, faces en avant<o:p></o:p>
Ils finissent de jouer leurs rôles d'amoureux<o:p></o:p>
Ils ne joueront plus ce scénario délicieux<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Pourtant l'histoire était belle, deux amants
<o:p></o:p>
Une rencontre virtuelle, tout doucement<o:p></o:p>
Un clavier, un lien électronique malicieux<o:p></o:p>
Un rendez-vous musical zénith merveilleux<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Une soirée sous le néo-vocable : doucement
<o:p></o:p>
Une nuit étrange, instants chastes innovants<o:p></o:p>
Des jours entiers de frôlements vertigineux<o:p></o:p>
D'orgasmes sans caresse, juste dans les cieux<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Une représentation en trois actes déroutants
<o:p></o:p>
Premier acte : la rencontre, charme troublant<o:p></o:p>
Deuxième acte : le grand voyage fabuleux<o:p></o:p>
Troisième acte : l'éloignement malheureux<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Il en est de certain destin d'un total dénuement
<o:p></o:p>
Qu'un lieu commun nommerait communément<o:p></o:p>
Rupture ancestrale, Freud en ferait une analyse<o:p></o:p>
Le vivre ressemble à une mort par histolyse<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Les acteurs sortent de la scène, muets et sombres
<o:p></o:p>
Seuls, dans ce couloir sétirent leurs noires ombres<o:p></o:p>
Rentrent chacun dans la loge rouge sang, s'assoient<o:p></o:p>
Au miroir, lui, se regarde, et dans les pleurs se noie<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>
<o:p></o:p>
<o:p> </o:p><o:p></o:p>Le maquillage coule, triste, sur le bonheur passé,
<o:p></o:p>
<o:p></o:p>
<o:p></o:p>
Il se souvient du texte, du jeu, du plaisir de jouer<o:p></o:p>
Passe un coton sur sa joue, enlève les couleurs<o:p></o:p>
Ne se regarde plus et retombe dans sa douleur.<o:p></o:p>
<o:p>
</o:p>