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Silence pudique,
De ta belle bouche mutique
Tu me dis « je ne sais »,
Je t'en supplie essaie.
Par trop tu me respectes,
Mais cela m'affecte.
Le désir de t'entendre
Me dire des mots tendres
De sentir tes doux gestes,
Amour sans conteste
Souffrir de se sentir rien
Est pire que d'être un chien
Quand tu tais tes « je t'aime »
En moi s'installe le dilemme
De l'importance de mon être.
Lors le froid néant me pénètre
De mon âme la douleur éclos
Pour mes pensées plus de repos.
De ma bouche sortent vipères,
Crapauds et insectes diptères
Envahissent toute ma cervelle
Bouillie de gluance pestilentielle.
Quise déverse en flot continu
Déjection qu'on jette à la rue
Je te blesse et m'en rend compte
Sitôt coupable, de moi j'ai honte
Remonter le temps, je ne peux
Cela nous laisse malheureux.
Mots couteaux, tranchants effilés
Maladresse plutôt qu'agressivité.
En ces moments là, disparaître
Aux pieds de Lucifer comparaître
Me serais plus doux, que douleur
Que je sens présente en ton coeur.
De toi je suis fou, fou le suis-je ?
Te demander pardon le puis-je ?
Tu dis « c'est déjà oublié »,
Et tu continu à m'aimer.
Ne reste-t-il pas aux tréfonds de toi
Une parcelle démolie de notre émoi
Langage d'amour que tu n'exprimes
En moi ton silence le doute imprime
Du mal originel à prétendre être aimé
Mon histoire, de mutisme est jalonnée
Ce n'était alors pas un pudique respect
Mais un rejet, acte de désamour abject
Je suis devenu un mendiant de la parole
Du verbe «aimer» un accroc en camisole
Ne plus exister, mourir serait un délice
Si de ton silence je dois boire le calice
Né pour de l'amour donner et recevoir
Dire «je t'aime», je te donnerais ce savoir.
