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Il est question d'une vie, peinte au pinceau des mots, certains seront plutôt gris ils diront tous mes maux d'autres seront bleus dessineront l'amour en graphes harmonieux et finiront par toujours peinture d'une vie avant la grande nuit

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Que la nuit dégénère

                         

                           

Une nuit sans lune, au milieu de l'hiver,
Je veillais, dans le noir, l'insomnie amère.

Dehors les arbres lançaient leurs ombres austères
Les statues frissonnaient sur leurs acrotères.

Ce parc tant aimé, bordé de blanches barrières,
Qui, en été s'égayait de fleurs, de parterres,
De fougères, de bruyères et de roses trémières,
Planté de conifères, de jaunes épervières,
M'apparut de glaciale et lugubre manière.

Que je m'effondre sur le champ si j'exagère,
La brume dense se mêla au diabolique éther,
Donnant forme, à un terrible démon alifère.

Se muant en lévitant, tenant son bréviaire,
Visage masqué d'une capuche de cartulaire,
Ombre effrayante vêtue d'une bure grossière,
Ne laissant apparaître que deux ailes claires.

J'entendis distinctement monter une prière,
Sa voix puissante et rauque s'élevait dans l'air.

Le son s'accompagna d'une odeur de cimetière,
Des remugles de mort, emplirent l'atmosphère.

Il fondit sur moi à la vitesse de l'éclair !
La vitre ? Il passa allègrement au travers !
J'étais pétrifié de peur ! je n'étais pas fier !
Je crois bien avoir eu une fuite urinaire.

Ses mains décharnées, soudain, mes mains enserrèrent,
De ses os carpiens, pendait des lambeaux de chair.

Des frissons me parcoururent, contact glaciaire,
Un haut-le-coeur ne purent réprimer mes viscères.

Pour ne pas me répandre en matière biliaires,
Mes yeux changèrent de cible, et remontèrent,
Je vis ses élytres, aux formes irrégulières,
Couleur gris de la cendre du feu des Enfers.

Mais entre ces deux membranes, j'ai découvert,
Que l'Etre avait un regard, globes spéculaires
Renvoyant mon image, miroir à l'envers,
Pupilles scintillantes bordées de halos verts.

Hypnotisante vision, mes yeux s'enferrèrent,
Je ne sais combien de temps, de minutes passèrent.

Où étais-je ? Brûlant en Enfer ou sur terre ?

A tous jamais l'effet sur moi fut délétère.

C'est depuis cette nuit, de façon singulière,
Que mes yeux ont changés d'éclat et de lumière.

Que d'étranges appendices, dans mon dos poussèrent,
Mes comportements, à minuit se modifièrent.

Si par hasard, au soir d'un crépuscule polaire,
Tu te tiens debout, face au parc, l'allure altière,
Si la brume s'étend, le brouillard prolifère,
Que soudain apparaît une forme, un bestiaire,
Cours vite te cacher sous la couette légère !
Ferme tes yeux, ferme ton coeur et ton derrière !
Les orifices nasal et auriculaires !
Sans oublier de contracter tous tes sphincters !
Car c'est Moi qui viens te tourmenter, ma très chère,
Le monstre à la réputation si légendaire,
Que Satan, du mal, a nommé grand émissaire,
Afin que tu sois, par Moi, Sa digne héritière.

 

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