
Je suis mal dans mes tripes,
Ca me prend au dessous du coeur,
Ca remonte et déchire tout l'intérieur,
Ça m'fait souffrir, putain, l'amour
Et toutes ces larmes que j'ai versées,
Sur le sol brûlé, elles sont tombées,
Des petites perles de chagrin de moi, abandonnées
Dans la terre elles se sont enfoncées
C'est l'onanisme de la tristesse,
De pleurs, la terre j'ai ensemencé,
En petites rivières s'en sont allées
Jusqu'à la mer pour s'y jeter.
Pas étonnant que les poissons soient muets !
Ils sont nés parmi mes larmes,
Les miennes, les tiennes et d'autres, bien sur
Dans tous les malheurs de la terre, y baignent
Putain, si ils devaient raconter tous ça,
Ça ferait du vilain, du désespoir et du noir.
C'est p't'être mieux comme ça,
Au moins, ils disent pas tout mes secrets
Sinon ils te raconteraient combien
J'ai eu mal d'avoir peur de te perdre,
Toi ma douceur, toi ma princesse.
Alors maintenant, je vais les ravaler,
Mes larmes, mes angoisses,
Mes rêves de douces tendresses
Comme d'hab, depuis qu'j'suis né,
Promis, juré, j'pleurerais plus,
Le poisson clown dans l'océan
Y r'fera marrer les enfants,
Au lieu d'les faire chialer
Pourquoi qu'tu crois qu'la mer est salée ?
Que les marins sont tristes et avinés ?
Ils en bouffent toute la journée
Des embruns de pleurs éparpillés !
J'aime pas la mer,
J'aime pas m'y baigner,
Ça me fait gerber rien qu'de penser
A tout ce malheur qu'on y a noyé.
Ce serait plus gai, si de bonheur
On pleurait, le bonheur qu'on aurait
A s'aimer, à se caresser, à pas parler,
A se serrer dans nos bras, à se bisouiller.
Putain de cerveau qui gesticule,
Et qui me fait mal
Jusque dans mes testicules.
Qui me fait rêver, qui me fait vibrer,
Qui me fait couler la peine sur les joues,
Ferait mieux de se pendre, de se mettre au clou.
Enfin... y doit le faire... pour que j'ai mal à ce point...
Comme si y s'écorchait,
Comme si y se déchirait
Sur les épines de cette chienne de vie.
Elle aurait dû me laisser là où j'étais le mieux,
Ma génitrice, dans son cerveau aigri.
Au moins de pas m'avoir engendré,
Elle aurait pu toute sa vie en pleurer.
Ça m'aurait évité de le faire...
D'un autre côté j't'aurais pas rencontré,
Et ça m'aurait rendu éternellement triste,
De ne pas exister, de ne pas te voir,
T'écouter, t'enlacer, te faire jouir,
Tout ça c'est bon dans mes tripes,
Putain c'est compliqué d'aimer...
A ma décharge faut dire un truc :
C'est qu'j'ai pas appris,
Mes vieux sur le coup, ils ont démissionnés.
M'ont laissé tout seul me démerder
M'ont pas fourni l'mode d'emploi,
Même pas en japonais.
Prend toi ça dans la tronche, qu'elle disait
T'as vu ça fait mal,
Tu sais pas y faire,
C'est bien fait pour toi,
Ça t'apprendra,
T'avais qu'à pas être là
Putain d'enfant non désiré...
Et pour que j'le sache bien
M'a assénée derrière l'occiput, la pute
« C'est quand t'es né qu'ton père il s'est tiré,
Il t'as vu, t'as trouvé laid et il s'est cassé ».
Déjà le premier jour de ma putain de vie,
Y a quelqu'un qui m'a quitté, qu'est parti...
T'imagine la scène... déjà tu chiale et tu crie,
Quand sur ton cul on tape, a peine sorti,
Pour qu'tu respires ,qu'tu déchires tes poumons.
Moi en plus j'avais un deuil à culpabiliser.
Avec une mère frigide de l'amour,
Et un père bourré qui s'est barré,
Dans la vie j'ai super mal commencé.
Pas étonnant que mon Graal c'est l'amour
Le calice des délices, depuis toujours
De ce que j'ai pas reçu, j'ai rêvé.
Comment tu veux être quand t'as pas tété.
Quand un môme par des parents est désiré,
On le trouve beau, on est papa-maman gâteau...
T'as le sentiment d'être sur la terre
Le machin le plus important.
T'as le temps de profiter doucement
De ton enfance, de jouer,
De t'égratigner tranquillement,
De te laisser aimer,
De te laisser bercer,
De faire de douces expériences,
De l'amour apprendre les sciences.
Avant de bouffer de la merde et du sang.
Ben mes vieux, m'ont même pas laisser le temps.
File t'es vilain ! rien à foutre de toi !
Ça donne pas envie de s'épanouir,
D'apprendre et se développer.
En plus, j'suis été super sympa
J'me suis fais tout p'tit...
Comme d'amour y m'ont pas donné,
J'ai fais chier pour avoir au moins l'agressivité.
Même ça, j'ai pas eu droit,
L'indifférence, c'était mon cadeau.
Fais c'que tu veux « p'tit »,
Alors comme j'étais pas un monstre,
En bon p'tit soldat j'ai obéi.
J'ai fait n'importe quoi,
Avec n'importe qui.
Dans la misère affective j'ai grandi,
Je suis désolé,
J'ai fais c'que j'ai pu,
Avec c'que j'ai pas eu.
A mes dépends j'ai appris,
Que les claques ça se donnent,
Mais qu'l'amour ça se mérite,
Que les plaies ça se soignent,
Mais l'amour ça se vole pas,
Que les cicatrices à vie ça reste,
Que l'amour des fois ça s'en va.
L'amour je l'ai cherché comme de l'or,
Sous toutes ses formes je l'ai essayé,
Même jusqu'à le mendier,
"A vot'bon coeur m'sieurs, dames
Y en a qu'on donné leur chemise,
De tendresse y m'ont comblé,
D'autre c'était par intérêt ou par pitié.
Peu importe, j'ai été comblé,
Ça a été rare mais c'était bon.
Faut prendre l'amour comme il vient,
C'est du luxe dans ce monde de rien.
Je m'en suis rassasié,
Le trop peu j'l'ai apprécié,
Mais fallait m'le montrer,
Comme un os à un chien,
Comme lui j'ai remué la queue,
Disant merci d'm'avoir aimer,
L'bonheur ça me fait bander
Mais les femmes, des chiens se lassent
Elle préfère le dangereux félin, fantasme
Je sais pas être chat,
Peur d'sortir mes griffes,
J'suis maladroit avec ça,
Je lacère le coeur
Sans le vouloir vraiment,
En miaulant de douleur.
Moi j'serais plutôt,
Le genre p'tit Pluto...
Arrêter de penser,
C'est pas faute d'avoir essayé
J'suis quand même pas maso,
Penser ça fait mal au cerveau...
J'me poignarde pas le crâne,
C'est plutôt dû à la météo.
Comme si il pleuvait des idées noires,
Ça transperce la peau,
Ça mouille la vie,
Ça glace les os...
J'trouve pas le robinet,
J'peux pas l'arrêter...
Putain de pluie de mots,
D'images, de sons,
De films ringards, série B,
D'mauvais scénarios,
Dont j'suis même pas le héros,
On se dispute, on a des maux,
Puis tout s'arrange,
Et t'es belle comme un ange,
Et moi je pleure d'être si tant pas beau,
Et moi je pleure d'avoir saigné ton coeur
Et moi je pleure d'avoir eu peur,
Du noir, du vide, de la terreur,
Que tu me laisses là, avec moi-même,
Que tu me laisses là avec mon âme,
Que tu me laisses là avec mon vide,
Putain j'ai mal au bide...
Depuis qu'j't'es rencontré
J'ai pris pas mal de pavés
Dans la marre de mes certitudes
J'ai cassé toutes mes habitudes...
Y a du soleil dans ma caboche,
Et ça me fait mal d'être moche,
J'essaye d'avoir confiance en moi,
D'me dire que je suis le roi,
T'es ma princesse,
Mais j'ai pas de délicatesse,
Pour dire c'qui va pas,
J'suis toujours maladroit,
Comme un pingouin dans le Sahara...
Et j'en rajoute quand il faut pas,
J'ai peur que tu te fâches
J'ai peur que tu me lâches,
A t'faire du mal au lieu du bien
C'est presque comme
Si je sautais d'une tour, exprès
J'sais que j'vais m'éclater, m'exploser
La gueule par terre, me désintégrer
Je le fais quand même, je me punis,
Par conséquences, d'avoir pensé,
Et d'avoir dit, des phrases, qui
Je le sais ,n'ont pas raison,
Tu dis excessif,
Je réponds « aimes moi ».
Tu souffres de c'que je dis,
Je souffres de tes non dits,
On se comprend pas...
Faudrait se taire et effacer
Toutes ces minutes passées.
Mais Jean-Mi le cruel,
A blessé Sissi la belle.
Le noir remplace le Blanco,
Ta mémoire note au tableau,
En indélébile mon attitude de débile...
J'attends que tu me touches,
Que tu me pardonnes,
Des baisers plein ta bouche,
J'sais bien que j'déconne !
Tu vas pas en plus me dire merci !
J'suis compliqué, un rien abscons,
C'est d'ma naissance pourrie
Que je tiens ça, c'est vraiment con.
Comme j'peux pas revenir en arrière
Alors j'm'assois sur mon derrière...
Il fait froid, il fait noir,
L'espace entre toi et moi s'agrandit,
Tombe la pluie,
Je me couche comme le blé sous le vent,
Suis-je vivant ?
Des gouttes roulent sous mes paupières,
De vraies vipères,
Transpercent ma peau et tombent par terre,
D'mes beaux yeux verts,
A la pluie elles se mêlent, et courent à la rivière
Foncent à la mer,
Nourrir les poissons,
De ma dépression...
