
Ce matin, regardant dans le miroir jai aperçu<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
Une ride sur mon cur, un sillon inconnu,<o:p></o:p>
Profonde et saignante, une faille de plus,<o:p></o:p>
Un ravin dans lequel, rêvant, je me suis perdu<o:p></o:p>
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Jai observé mon palpitant, jai fais un petit bilan<o:p></o:p>
Il bat, cest plutôt rassurant,<o:p></o:p>
Il est arythmique, cest navrant,<o:p></o:p>
A sa surface, il est sculpté de prénoms sanglants,<o:p></o:p>
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De la lettre « Aime », perlait une goutte carmin,<o:p></o:p>
Cette consonne, que je te disais chaque matin,<o:p></o:p>
Aime comme aujourdhui, aime comme demain,<o:p></o:p>
Aime comme toujours, aime comme chagrin,<o:p></o:p>
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Cette ride juste en dessous, cette trace de nous,<o:p></o:p>
Elle seffile, se finie dans le flou,<o:p></o:p>
Elle est muette, totem et tabou,<o:p></o:p>
Dans le fond de son lit, se déchainent les remous,<o:p></o:p>
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De la lettre « est-ce » une cicatrice se ferme,<o:p></o:p>
Cette question, en moi tu en déposas le germe,<o:p></o:p>
Est-ce toi aujourdhui, est-ce toi mon épiderme,<o:p></o:p>
Est-ce toi pour toujours, est-ce toi mon terme,<o:p></o:p>
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Ces rides qui mon âme et mon corps parsèment,<o:p></o:p>
Elles sont mon mal, mon anathème,<o:p></o:p>
Elles sont ma vie, ma cinquantaine,<o:p></o:p>
Au fond les rides, de lexpérience sont les gemmes.