Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il est question d'une vie, peinte au pinceau des mots, certains seront plutôt gris ils diront tous mes maux d'autres seront bleus dessineront l'amour en graphes harmonieux et finiront par toujours peinture d'une vie avant la grande nuit

Publicité

Idées condamnées

                                    

  

  

 

 

 

 

Même les idées peuvent être bannies :
Imaginez un tribunal, audience solennelle
Décorum majestueux, le cerveau est son abri
Les parois renvoient les mots telle une chapelle

La cour se tient face à l'accusée, déjà en repentance
Elle se compose d'un juge, son nom : Vérité,
De ses deux assesseurs : Morale et Bienséance
D'un greffier : Mémoire, pour ne rien oublier

Tous de noir vêtu, raides comme la mort
Ils vont officier, en cette somptueuse arène
Déjà ils savent, l'accusée a toujours tort
Mais avant... le simulacre pour asséner la peine

J'allais omettre de présenter ces deux là :
D'un coté, en rouge, le Mal : Monsieur le Procureur
De l'autre, en blanc, le Bien : Son Avocat
Tous deux fourbes, bagarreurs et menteurs

Le décor à présent constitué, ça va commencer
Idée, levez-vous ! S'égosille le juge, (voix rauque)
Tous les regards se tournent vers l'inculpée
Ça dégouline de méchanceté, ambiance glauque

La Morale lit le chef d'inculpation : « mauvaise pensée »
Par ce qualificatif, on sait déjà l'aboutissement du procès
« Pour cette faute vous allez être en cette cours jugée,
Vous aurez droit au dernier mot avant que ne tombe le couperet »

Le Mal se lève et cri « vous avez émit en votre for intérieur,
Que votre partenaire, pouvait ne plus être séduite par vous,
Être indifférente, et même faute suprême, vice supérieur,
Ne plus vous aimer ! », Ineptie ! Mettons la sous les verrous !

Le Bien à son tour intervient : « ma cliente, par malheur,
Ne peut s'empêcher d'émettre, elle en a fait son métier,
Je vous le rappelle : elle est idée ! une entité inférieure,
Accordons lui, je vous en conjure, des circonstances atténuées »

La cour s'échappe, délibère, revient et rend son verdict :
« Vous êtes condamnées à vous taire, a tout jamais errer
Dans les méandres de la cervelle, sous peine de vindicte,
Vous êtes bannies définitivement de l'expression parlée. »

L'idée s'apprête comme le lui permet la loi, à intervenir
Dire « Je me sens coupable, jamais je ne recommencerais »
Mais réfléchissant elle ne peut, indéfiniment que s'abstenir,
Jamais plus elle ne pourra penser, dire, crier, « Je t'aimais »

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article